Covoiturage et autopartage : le duo gagnant pour les trajets domicile-travail ?

Covoiturage et autopartage : le duo gagnant pour les trajets domicile-travail ?

La plupart des sites d’entreprise vivent la même réalité quotidienne. Des parkings saturés dès 9 h, une majorité de véhicules occupés par une seule personne, une pression budgétaire croissante sur la flotte automobile et une exigence RSE qui se renforce. Dans ce contexte, covoiturage, autopartage et plus largement mobilité partagée deviennent des leviers très concrets de mobilité durable pour les trajets domicile‑travail.

Pour un responsable Plan de Mobilité, la question n’est plus de savoir si ces solutions sont pertinentes, mais comment les articuler intelligemment. L’association d’un autopartage d’entreprise pour les déplacements professionnels et d’un covoiturage domicile‑travail bien organisé transforme profondément les usages. Elle réduit l’autosolisme, diminue les coûts de mobilité et améliore la qualité de vie au travail, tout en générant une baisse nette des émissions de CO2 liées aux déplacements pendulaires.

En bref : covoiturage et autopartage au service de la mobilité pendulaire

  • Associer autopartage et covoiturage réduit l’autosolisme, libère des places de parking et rationalise la flotte automobile.
  • L’autopartage couvre principalement les déplacements professionnels, le covoiturage cible les trajets domicile‑travail réguliers ou occasionnels.
  • Des outils numériques automatisent la réservation, le suivi et les rapports d’usage pour piloter finement la mobilité partagée.
  • Sur le plan économique, les gains portent sur la réduction des coûts de carburant, des contrats de LLD et de l’espace de stationnement.
  • Pour réussir, il faut définir des règles claires, communiquer, accompagner les usages et mesurer les indicateurs clés (adoption, km covoiturés, CO2 évité).

Pourquoi associer covoiturage et autopartage pour les trajets domicile‑travail

Lorsque l’on compare autopartage vs covoiturage, on constate deux logiques distinctes. L’autopartage d’entreprise repose sur une flotte de véhicules partagés au sein du parc auto, principalement dédiée aux déplacements professionnels en journée. Le covoiturage professionnel, lui, vise l’organisation de trajets domicile et lieu de travail entre collègues, sous forme de ridesharing régulier ou occasionnel.

Pour illustrer ces deux logiques, certaines solutions de marché intègrent déjà des briques complètes de car sharing et de gestion de flotte. Sur ce terrain, la société MobilityTechGreen diffuse par exemple des outils numériques qui automatisent la réservation, le suivi des véhicules et l’exploitation des données d’usage, ce qui aide les responsables de plans de mobilité à piloter plus finement leurs politiques de mobilité partagée.

Ces deux approches ne répondent donc pas aux mêmes usages. L’autopartage structure la mobilité interne, permet la mutualisation des véhicules et remplace des véhicules de fonction ou de service. Le covoiturage domicile‑travail agit sur la mobilité pendulaire des salariés, réduit le nombre de voitures entrant sur le site et libère des places de stationnement dès le matin.

De mon expérience, les meilleurs résultats arrivent lorsque l’offre globale de mobilité partagée en entreprise est pensée comme un ensemble cohérent. L’objectif n’est pas de lancer un outil de carsharing d’un côté et une plateforme de ridesharing de l’autre, mais de bâtir une stratégie où chaque salarié comprend quel mode utiliser selon son besoin, trajet occasionnel vs trajet régulier, déplacement professionnel ou pendulaire.

Effets économiques et environnementaux d’une mobilité partagée en entreprise

La combinaison covoiturage et autopartage produit des effets économiques très rapides. Une flotte automobile bien dimensionnée, appuyée sur un pool de véhicules partagés pour les déplacements pros, permet souvent de supprimer 15 à 30 % des véhicules de service. Pour les salariés, le covoiturage domicile‑travail génère un partage des frais de carburant et de péage, avec un gain financier conducteur qui peut atteindre 1 900 à 2 000 € par an sur des trajets pendulaires de 30-40 km.

Les économies de coûts transport pour l’employeur se manifestent sur plusieurs postes. On observe une baisse des dépenses de carburant, une réduction des contrats de location longue durée, moins de places de parking à louer et parfois la possibilité de différer des travaux d’extension de stationnement. Sur un site de 500 personnes, il n’est pas rare d’atteindre 10 à 20 % d’économies sur le budget transport à horizon trois ans, lorsque les dispositifs sont bien pilotés.

Côté environnement, les bénéfices sont tout aussi tangibles. La réduction de l’autosolisme baisse directement les émissions de CO2 par salarié. En pratique, deux personnes dans une voiture au lieu d’une signifient près de 50 % d’émissions par tête en moins sur ce trajet. Lorsque 25 % des effectifs pratiquent un covoiturage régulier et que la flotte partagée remplace des véhicules sous‑utilisés, la baisse mesurable des émissions de CO2 du parc atteint rapidement 10 à 25 %, avec un impact environnemental visible dans vos reportings RSE.

Équipe d'affaires diverse dans le parking d'un bureau moderne près de voitures de société partagées, une personne montre un smartphone avec l'application de réservation, lumière naturelle du matin avec rayons volumétriques, ambiance professionnelle et détendue.

Mettre en place autopartage d’entreprise et covoiturage domicile‑travail

Pour structurer un autopartage d’entreprise efficace, la plupart des organisations s’appuient sur des plateformes d’autopartage qui gèrent la réservation de véhicule, l’accès (badge, smartphone, clés sécurisées) et le suivi kilométrique. Des solutions comme e‑Colibri, utilisées par plusieurs grands comptes, facilitent la mutualisation des véhicules tout en gardant une traçabilité fine des usages et des coûts.

Côté covoiturage domicile‑travail, les plateformes de covoiturage dédiées à l’entreprise offrent désormais des fonctionnalités adaptées. L’algorithme met en relation les collaborateurs selon leurs horaires, leurs adresses et leurs contraintes, et distingue clairement trajet occasionnel vs trajet régulier. Le système peut intégrer un partage des frais automatisé pour sécuriser la conformité avec la réglementation du covoiturage.

Pour intégrer ces dispositifs dans un plan de mobilité en entreprise, quelques étapes structurantes s’imposent. En pratique, un responsable PDM gagnera à suivre une feuille de route claire, par exemple

  • réaliser un diagnostic précis des déplacements domicile‑travail et des usages de la flotte actuelle
  • définir des règles d’usage pour le pool de véhicules partagés et pour le covoiturage professionnel
  • choisir des outils adaptés pour l’autopartage et la mise en relation en ridesharing
  • communiquer largement, former les managers relais et accompagner les premiers utilisateurs
  • ajuster la capacité de la flotte automobile en fonction des taux d’occupation et des réservations

Incitations, réglementation du covoiturage et systèmes de gratification

La réglementation du covoiturage encadre précisément le partage des frais et protège l’activité des taxis et VTC. Le conducteur ne doit pas dégager de bénéfice, seul un remboursement partiel des coûts réels est autorisé, via des barèmes kilométriques ou des plafonds journaliers. Pour le responsable PDM, cette règle simple permet de cadrer la solution de covoiturage professionnel et de rassurer la direction juridique.

Le Forfait mobilités durables vient compléter ce cadre. L’entreprise peut verser une contribution défiscalisée aux salariés qui s’engagent dans des modes de mobilité durable, dont le covoiturage. Ce forfait soutient l’adoption, notamment pour les équipiers en horaires décalés ou en zones peu desservies par les transports collectifs. L’autopartage d’entreprise, lui, se finance davantage par les économies internes générées sur la flotte automobile.

Les systèmes de gratification renforcent la dynamique. Sur le terrain, on voit des entreprises proposer des places de parking réservées aux covoitureurs, des challenges internes avec points cumulés, des tirages au sort mensuels ou des primes ponctuelles. Pour un directeur de site que j’ai accompagné, la clé a été de lier ces récompenses à des objectifs très concrets, comme la réduction de 20 % des voitures sur le parking principal en deux ans.

Bonnes pratiques opérationnelles pour la flotte, le parking et le suivi

L’organisation du parking joue un rôle stratégique. Une signalétique claire, avec des places dédiées à l’autopartage près de l’entrée et des emplacements réservés aux véhicules en covoiturage, envoie un message fort. L’entreprise peut conditionner l’accès à certaines zones premium au fait de venir à plusieurs en voiture, ce qui influence immédiatement les comportements de mobilité pendulaire en entreprise.

Pour une flotte automobile partagée, plusieurs règles gagnent à être posées sans ambiguïté. Quelques pratiques s’avèrent décisives

  • définir des créneaux horaires et des durées maximales de réservation pour éviter les blocages
  • préciser la gestion des clés, de l’assurance et des sinistres, avec un processus simple à suivre
  • paramétrer des profils d’utilisateurs (priorités métiers, droit à emporter un véhicule à domicile ou non)
  • mettre en place un support clair pour les problèmes de dernière minute

Le suivi des résultats reste déterminant pour convaincre durablement la direction. Les indicateurs les plus parlants comprennent le taux d’adoption des solutions, le nombre de km covoiturés, les véhicules supprimés ou non renouvelés dans le pool de véhicules, les économies estimées et le CO2 évité. Sur la page dédiée à la RSE ou à la gestion de flotte de votre intranet, ces chiffres permettent de raconter une histoire positive de mobilité durable en entreprise.

FAQ sur le covoiturage et l’autopartage domicile‑travail

Comment gérer l’assurance pour une flotte en autopartage et le covoiturage

Pour l’autopartage d’entreprise, l’assurance se traite généralement au niveau de la flotte. Le contrat couvre les véhicules partagés pour tous les conducteurs autorisés, souvent listés ou rattachés à une catégorie de personnel. Pour le covoiturage domicile‑travail, la plupart des usages relèvent de l’assurance auto classique du conducteur, car il s’agit d’un déplacement privé avec partage des frais. Certaines compagnies, comme Arval lorsqu’elle gère des flottes en LLD, proposent toutefois des clauses spécifiques pour les usages partagés de type carsharing.

Que se passe‑t‑il en cas d’accident en covoiturage domicile‑travail

En cas d’accident sur un trajet domicile et lieu de travail en covoiturage, c’est l’assurance du véhicule du conducteur qui intervient. Les passagers sont couverts comme dans tout trajet privé. Le caractère domicile‑travail permet, le cas échéant, de reconnaître l’accident de trajet pour la protection sociale du salarié, sous conditions habituelles. Pour sécuriser vos collaborateurs, il reste judicieux de rappeler ces règles dans la charte de covoiturage et de vérifier que les conducteurs respectent bien les obligations d’assurance et de contrôle technique.

Ces solutions sont‑elles compatibles avec le télétravail partiel

Covoiturage et autopartage restent compatibles avec des organisations incluant un ou deux jours de télétravail par semaine. La clé consiste à paramétrer les outils pour gérer la variabilité des jours de présence. Les plateformes de covoiturage modernes intègrent déjà cette gestion des plannings, tandis que l’autopartage se prête bien aux réservations ponctuelles pour les jours où les réunions en présentiel se concentrent. Au final, c’est souvent la combinaison télétravail plus mobilité partagée qui permet les réductions les plus fortes de déplacements motorisés et d’émissions de CO2.